Les parties prenantes


L’entreprise agit au sein d’ un environnement qui se compose de nombreux acteurs – on qualifie ces acteurs de « parties prenantes de l’entreprise » (stakeholders en anglais). La conception traditionnelle selon laquelle l’entreprise n’a de compte à rendre qu’à ses actionnaires est aujourd’hui totalement dépassée. Entre les parachutes dorés, les stocks options, les truquages de bilans et la libération excessive des mouvements de capitaux, la nécessité d’une gouvernance de l’entreprise intégrant toutes les parties prenantes se fait de plus en plus sentir.

En bref, le développement de la responsabilité sociétale de l’entreprise a permis de considérer que l’entreprise doit aussi écouter et rendre des comptes à tous les acteurs concernés par l’activité de l’entreprise ( pouvoirs publics, ONG, consommateurs, etc.).

I – Qui sont les parties prenantes de l’entreprise


On distingue habituellement les parties prenantes internes des parties prenantes externes :

Parties prenantes internes :

  • Les dirigeants : Ils peuvent être tentés de privilégier leur intérêt personnel au détriment de l’intérêt global de l’entreprise.

  • Les actionnaires : Ils ont tendance, bien entendu à,viser la rentabilité maximale des capitaux investis – recherche de dividendes ou de plus values à court terme.

  • Les salariés : Il souhaitent améliorer leurs conditions de travail, harmoniser leurs rémunérations, etc..

– Parties prenantes externes :

  • Les clients : enjeux de qualité de produit et de service, d’information sur la composition des produits, de respect de normes de sécurité, de recherche et développement pour des produits plus respectueux de l’environnement…

  • Les fournisseurs et sous-traitants: respect des délais de paiement, mise en place de politiques d’achat….

  • Les riverains d’un site : éviter les nuisances sonores, réduire la pollution, assurer l’emploi local…

  • Les pouvoirs publics : respecter les lois, payer ses impôts…

  • Les ONG : meilleure transparence et dialogue pour assurer le respect de l’environnement…

  • Les concurrents : éviter la concurrence déloyale, appliquer les normes environnementales…

Cyert et March rejettent totalement l’idée selon laquelle on peut se représenter la firme comme une unité de production dont le but se limite uniquement à la maximisation du profit. Au contraire, il faut selon eux voir l’entreprise comme un ensemble de coalitions aux intérêts contradictoires et se livrant à des luttes d’influence et des relations de pouvoir. Selon Cyert et March, les conflits issus de ces relations sont essentiellement réglés au travers de routines organisationnelles.


I I- La gouvernance de l’entreprise ( corporate governance)


Gouvernance est un terme général qui se rapporte à la manière dont les droits et les responsabilités sont partagées entre les parties prenantes d’une entreprise donnée. En général, le fondement de tout système de gouvernance sera déterminé par une série de facteurs variables selon les organisations et selon le poids des parties prenantes.


Les modes de gouvernance de l’entreprise :


1 – Le modèle anglo-saxon

On qualifie ce modèle de modèle « actionnarial » – Malheureusement, c’est devenu celui de l’économie dominante. Il s’agit avant tout de sécuriser les investissements des actionnaires. Dans cette optique l’entreprise n’a donc qu’une valeur « actionnariale » et le rôle des marchés financiers consiste à péguler l’ensemble de ce système.

En cas de difficultés, l’actionnaire se retire du capital de la société. Le modèle anglo saxon ne s’intéresse au fond qu’aux divergences d’intérêts entre actionnaires et dirigeants – Il ignore totalement les intérêts des autres parties prenantes ( salariés, clients, etat, etc.)


2 – L’émergence d’un mode de gouvernance partenarial

Certains pays comme l’Allemagne ont déjà une tradition de gouvernance partenariale. Cette optque valorise davantage les relations avec toutes les parties prenantes et la création de valeur sur le long terme. En effet, la maximisation de la performance n’est plus le monoplole des seuls actionnaires. La problématique consiste donc à optimiser la « valeur partenariale » dans un contexte de divergences depoints de vue donc de conflits d’intérêts entre les parties prenantes. Le système de gouvernance de l’entreprise doit être en mesure de définir des règles permettant d’éviter ou de limiter les conflits :

Les problèmes sont bien identifiés mais les réponses sont difficiles :

  • – qui a le droit de décider ?

  • – comment doit-on répartir les richesses ?

  • – qui assume les risques ?

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