La croissance économique


I/Définition

  • La croissance économique est l'accroissement sur une courte ou une longue période des quantités de biens et services produits dans un pays, mesurées année après année, en général.


  • Approfondissement :

  • On distingue parfois deux formes de croissance : la croissance extensive est proportionnelle à l'augmentation des quantités des facteurs de production alors que la croissance intensive est liée à l'augmentation de la productivité du travail et/ou du capital.

  • La crise, au sens strict, est le processus de retournement de l'activité économique (quantités de biens et services produits) ; cette crise débouche sur une dépression qui correspond à une baisse de l'activité économique. Toutefois, au sens large et courant du terme, on oppose la crise à la croissance. Parfois même, un simple ralentissement de l'activité économique est qualifié de « crise » s'il a des conséquences négatives pour les travailleurs sur le marché du travail . A court terme, l'INSEE parle de récession si l'activité économique baisse durant au moins 2 trimestres de suite.

  • La croissance endogène n'est pas une forme de croissance mais une théorie mettant en évidence le rôle positif sur la croissance du capital humain, des savoir-faire, des infrastructures etc. ( voir chapitre 1).

II/Enjeux

D'où vient la croissance ?

Comme la croissance économique est source d'augmentation des revenus et de l'emploi, elle est souvent recherchée. La question qui se pose est de savoir quelles en sont les causes. Faut-il mettre en avant le rôle de l'offre notamment à long terme (accroissement des facteurs de production et/ou accroissement de l productivité). Ou bien faut-il mettre en avant le rôle de l'accroissement de la demande qui pousse à produire plus ?

Comment la favoriser ?

Une question qui se pose à l'État est de savoir comment il est possible de la favoriser sachant que, pour l'essentiel, ce sont les entreprises qui produisent des richesses. Faut-il baisser les salaires et les taux d'intérêt pour que les entreprises puissent accroître leurs capacités de production ? Faut-il que l'État favorise le progrès technique, la formation ? Faut-il que l'État relance l'activité pour faire repartir la demande en cas de difficultés ?

La croissance est-elle toujours bénéfique et durable ?

Certains économistes et/ ou écologistes estiment que la croissance est source d'effets pervers : épuisement des ressources naturelles (pour obtenir de l'énergie notamment), pollution, encombrements dans les villes etc.D'ailleurs, le rapport Meadows en 1972 alertait de ces conséquences néfastes et proposait le croissance zéro, c'est-à -dire la stabilité du PIB ou PNB, pour préserver l'environnement. Certains écologistes prônent même la « décroissance » étant donné que produire demain comme aujourd'hui nécessite de ponctionner, demain comme aujourd'hui, des ressources non renouvelables et de polluer autant. Cependant, la « crise » économique actuelle a montré combien la croissance était nécessaire pour améliorer la situation du marché du travail et plus largement pour augmenter le niveau de vie. Les enjeux aujourd'hui en discussion portent plutôt sur la répartition des richesses créées et sur le développement durable


III/Indicateurs

L'indicateur le plus utilisé pour repérer la croissance économique est le taux de croissance annuel moyen du PNB ou du PIB (voir à la notion « PIB »). Comme vous l'avez vu parfois peut-être dans des tableaux statistiques, on utilise aussi, surtout dans le long terme, le PIB par habitant ou PNB par habitant. L'idée est qu'il y a croissance à long terme si les quantités produites augmentent fortement, c'est-à-dire plus fortement que la population pour permettre l'augmentation du niveau de vie. C'est d'ailleurs pour cela que cet indicateur est essentiellement utilisé pour mesurer le niveau de vie d'une population.


L’IDH est un indicateur composite axé sur 3 dimensions du développement humain :

  • Santé : la capacité à vivre longtemps et en bonne santé, mesurée par l’espérance de vie à la naissance

  • Education : la capacité à acquérir des connaissances, mesurée par la durée moyenne de scolarisation (nombre moyen d’années de scolarisation reçu par les adultes) et la durée attendue de scolarisation (dont pourrait bénéficier un jeune en âge d’entrer à l’école)

  • Niveau de vie : la capacité à atteindre un niveau de vie décent, le RNB (Revenu National brut) par habitant en PPA.

L’IDH a une limite supérieure de 1,0

Les pays développés occupent les premières places du classement. On peut notamment observer le très bon classement des pays nordiques.

Certains pays occupent un rang plus élevé en termes d’ IDH qu’en termes de richesse par habitant. D’autres pays au contraire, régressent nettement dans le classement (les USA, en raison de l’absence de couverture médicale universelle)


L’indicateur de pauvreté multidimensionnelle

L’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) mesure les aspects de la pauvreté autres que le revenu. Il identifie les manques, les privations auxquelles les ménages sont confrontés dans les trois mêmes dimensions que dans l’Indice de développement humain (niveaux de vie, santé et éducation) et montre le nombre moyen de personnes pauvres et de manques auxquels les ménages pauvres doivent faire face. Les critères pris en compte sont la malnutrition, la mortalité infantile, la scolarisation insuffisante, les mauvaises conditions de logement.


Le couple indissociable de la croissance et du développement

La croissance économique est une condition indispensable pour assurer le développement du pays

La croissance est le moyen d’améliorer les conditions d’existence, de lutter contre la pauvreté et de dégager des ressources en faveur de la santé, de l’éducation ou de l’équipement du territoire en grandes infrastructures. Par ex., la croissance économique des « Trente Glorieuses » a contribué à rendre la France plus développée:

  • Meilleure nutrition (augmentation des rations caloriques), baisse de la mortalité infantile, amélioration de l’espérance de vie en bonne santé

  • Meilleure alphabétisation

  • Vérification de lois économiques qui caractérisent bien le développement d’un pays :

– Loi d’Engel : modification de la structure de la Consommation

– Thèse du déversement : avec les gains de productivité, les emplois se déversent dans le secteur secondaire puis dans le tertiaire. L’industrie réalise des gains de productivité élevés qui permettent de libérer une part de la main-d’œuvre pour travailler dans les services.

Mais ce n’est pas une condition suffisante pour assurer le développement d’un pays

La relation croissance et développement n’est pas une relation mécanique, car l’expérience prouve qu’un même niveau de croissance peut produire des résultats radicalement différents en terme de développement économique. Il y a croissance sans développement lorsque la production de richesses ne s’accompagne pas de l’amélioration des conditions de vie.

Il faut d’abord que la croissance du PIB total soit plus importante que la croissance de la population.

De plus, la croissance (PIB/hbt) est compatible avec l’accroissement des inégalités, la détérioration des conditions de vie et de travail et l’absence de libertés individuelles.

Les expériences menées sur le terrain par l’ONU ont permis d’établir que pour qu’il y ait développement :

  • une répartition plus équitable des revenus de la croissance, particulièrement en faveur des pauvres, renforce la relation croissance et développement

  • la maîtrise du revenu par les femmes conduit à orienter les dépenses vers des postes utiles en matière de développement (soin aux enfants, meilleure hygiène, éducation, etc.)

  • l’État a aussi une responsabilité importante dans ses choix budgétaires : il existe une corrélation positive entre les investissements publics antérieurs dans des infrastructures sociales et physiques et les progrès réalisés dans l’ indice de développement humain.


IV/ Erreurs Fréquentes

Il ne faut pas confondre croissance et progrès économique. En effet, il y a progrès économique lorsque les revenus réels de la population augmentent pour tous ; or, il est très possible que les revenus générés par la croissance économique soient accaparés par une minorité de la population. La croissance n'entraîne pas automatiquement l'amélioration du bien-être de la population pour d'autres raisons : conditions de production (pensez au travail dans certaines entreprises en Chine ou en Inde), types de biens produits, etc. sans oublier non plus que seule la croissance économique permette la croissance durable du niveau de vie. Il faut bien avoir en tête des ordres de grandeur pour qualifier une situation de croissance ou de crise, les économistes, les journalistes utilisant souvent le terme de « crise » même si le PIB (ou le PIB par tête) augmente. En effet, durant les années 1975-1990, il fallait qu'en France la croissance soit supérieure à 2,3 % par an pour que le nombre d'emplois augmente (depuis, la croissance s'est enrichie en emplois : une croissance de seulement 1 % ou 1,5 % permettrait de créer des emplois). Donc, très souvent, c'est plutôt en suivant l'évolution du marché du travail que l'on considère une situation de « crise » dans le langage courant.

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