Comment avoir de l'autorité en classe quand on n'est pas autoritaire

Dernière mise à jour : 21 avr. 2021



L'instance supérieure nous a "investit" dans une fonction. L'Education Nationale investit l'enseignant d'une certaine autorité. Elle espère que ce dernier s'en servira pour accomplir son métier d'enseignant au profit des élèves.

L'enseignant n'a autorité dans une classe que parce que l'Education Nationale l'a promu "professeur" et lui a attribué cette classe.


L' autorité naturelle n’existe pas. Elle résulte toujours d’un registre de compétences. C’est pourquoi il ne suffit pas d’être un bon enseignant et de maîtriser sa discipline pour avoir de l’autorité. Il faut également avoir le sens des relations, connaître les mécanismes de la dynamique de groupe, savoir punir les élèves quand ils contournent les règles, mais aussi appuyer leur travail quand ils réussissent…

L’objectif, c’est de capter leur attention et leur respect, pour qu’ils admettent votre ascendant.



L’estime de soi constitue effectivement l’une des bases. Il faut également croire en ce que l’on fait. Nous avons d'emblée par notre fonctions une autorité pédagogique.


Astuces pour instaurer un climat de classe et une autorité respectée.


Ritualisez les 1ères minutes de l'entrée en classe


Le but est que les élèves sachent exactement ce qu’ils ont à faire dès leur arrivée dans la salle. La mise au travail doit être autonome et immédiate. Ca leur permet de réaliser qu'ils viennent de rentrer chez vous, avec vos règles, vos exigences et votre bienveillance.

Rester debout près de la porte quand les élèves entrent en classe, et saluer chacun d’eux en le regardant dans les yeux (ce qui sous-entend qu’il réponde « bonjour »). Le fait d’avoir établi un contact visuel et oral, individuellement, permet d’instaurer une sorte de pacte tacite de respect.


Ne criez pas! Utilisez la communication non verbale

Votre voix est votre instrument de travail. Vous devez à tout prix apprendre à la préserver pour éviter d’endommager vos cordes vocales. Lorsque vous criez en classe vous envoyez un mauvais signal à vos élèves. Vous donnez l’impression de ne pas contrôler la situation.

Bien souvent, il est même inutile de parler pour faire passer votre désapprobation. Utilisez plutôt votre corps et les expressions du visage.

Un regard insistant porté sur un élève suffira dans la plupart des cas à lui faire comprendre qu’il doit cesser de s’amuser ou de déranger le cours.

N’hésitez pas non plus à vous déplacer et à vous positionner juste derrière les élèves perturbateurs.

Moduler les intonations. Le ton monocorde est à proscrire. Fais comme si tu donnais un show, que tu devais à tous prix captiver ton auditoire (ce qui est le cas !).


Occupez l’espace de la classe

Il est important de montrer aux élèves que vous êtes bien présents dans la salle. Déplacez-vous fréquemment et évitez de vous asseoir. Ne vous cachez pas derrière votre bureau.

Soignez votre posture. Ne montrez aucun relâchement et faites sentir aux élèves que vous êtes attentifs à ce qui se passe dans la classe.

Être exigeant(e),

mais jamais intransigeant(e).

Prenez confiance en vous

Ne pas oublier que vous êtes une figure symbolique d’autorité, ce qui veut dire que les élèves qui agressent, qui provoquent, qui cherchent à déstabiliser le prof, le font pour chercher une limite (dont ils ont besoin même s’ils n’en sont pas conscients). Tant qu’ils n’auront pas été convaincus que vous êtes un adulte rassurant (qui pose des limites claires, justes, stables), ils continueront à te tester.

S’adapter à chaque profil de classe.

Il y en a où l’on peut se montrer détendu, organiser sans problème des travaux de groupes, plaisanter… et d’autres où ce sera une catastrophe si on en fait autant.

Adapter sa pédagogie et sa didactique à chaque profil de classe est un excellent moyen d’affirmer son autorité académique.

Se montrer humain.

Demander à un élève qui revient avec un plâtre ce qu’il lui est arrivé n’est pas « copiner », mais seulement se montrer humain. Une qualité hautement appréciée par tous, à condition de ne pas y passer plus de 5 minutes.

Avouer qu’on est fatigué, ou malade, ou énervé à cause de quelque chose qui ne les concerne pas, est aussi une façon de les rassurer et donc de les apaiser : oui, nous aussi on a nos failles, nos faiblesses, et on n’en fait pas tout un plat.

On donne l’exemple de la sorte, on montre qu’on peut tout à fait ne pas se laisser submerger par nos émotions ou problèmes personnels. On montre qu’on reste concentré et apte à faire des efforts même quand on n’a pas la forme. Cela intime le respect.

Refuser toute démagogie.

On n’est pas là pour se faire aimer, pour plaire, on est là pour permettre à tous nos élèves de progresser dans notre matière.

Ne pas perdre de vue cet objectif premier est le gage d’une posture professionnelle

S'intéresser réellement à ses élèves

Féliciter, encourager, souligner les progrès. Un prof qui s’intéresse vraiment à ses élèves a, en général, peu de problèmes de discipline.

La dimension affective demeurant très prégnante chez les ados (oui, même chez les plus grands), le fait de leur signifier un intérêt – professionnel – réel est ressenti comme une sorte d’affection, qui les engage dans la relation pédagogique.

Faîtes toujours ce que vous avez annoncé

Le plus important est d’être juste. Vous éviterez ainsi de longues discussions conflictuelles et n’aurez pas à vous justifier.

Veillez donc à fixer des règles claires et à toujours les appliquer, quelle que soit votre humeur du moment.


Mon expérience personnelle : Faire autorité au lieu d'être autoritaire

Je suis entrée dans la profession relativement jeune, et toute petite (en taille) , je me retrouve à ma 1ère rentrée avec la classe de terminale Logistique et un cours qui s'appel "théorie des chariots élévateurs".

Je ne suis pas de nature autoritaire, mais quand je suis arrivée dans cette classe avec des bonhommes très agités et tous très très costaud. J'ai juste lancé un regard et j'ai attendu le silence.

Le silence fut assez rapide, je pense que par ma posture (de danseuse) mon caractère affirmée et ma confiance en moi, j'ai réussi à imposer le retour au calme

Après mon année de stage, j’ai été mutée en SEGPA.

Catastrophe! plus aucun repères et un public très difficile à cadrer. longuement réfléchi à cette question cruciale de l’autorité. J’en suis arrivé à la conclusion que ce qui me sauverait, ce serait de détruire le cadre traditionnel du cours et de créer mon propre cadre. Je me suis d'abord inscrite à la certification 2-cash (anciennement CAPEI) qui m'a donné énormément d'outils de compréhension et d'application.

Et il a fallu que je trouve une place qui me ressemble pour instaurer mon climat de sérénité.

Revoir la disposition de ma salle : mettre le bureau dans un coin pour être au milieu des élèves et disposer les tables en îlots pour ne plus être le centre de la classe.

Après avoir été des années, en tant que chef d'entreprise, puis professeur en lycée je me retrouve avec des élèves que je comprend pas. Je n'arrivais pas à instaurer une pédagogie et encore moins une autorité. (voir mon memoire)

Ce qui m'a sauvé fut mon passé de sportive et j'ai diriger ma classe comme une équipe de rugby. S'allier tous ensemble pour réussir. Et j'ai réussi ! Cela a fini par payer. J’ai construit mon image professionnelle.

Je n’ai pas cherché à imposer une autorité que je n’avais pas mais je l’ai gagné. Je l’ai obtenu des élèves par mon travail acharné et ma bienveillance à leur égard.

Ne cherchez pas à être autoritaire, composez avec ce que vous êtes, soyez une autorité.


Sources :

https://lewebpedagogique.com/reussirsapremiereclasse/2012/08/10/etre-autoritaire-faire-autorite-avoir-de-lautorite/

https://www.scienceshumaines.com/s-imposer-en-classe-peut-il-s-apprendre_fr_29784.html

https://www.stephanecote.org/2013/08/15/13-trucs-de-gestion-de-classe-qui-instaure-le-respect/


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