Accompagner la réussite de l'élève Dysphasique


Ils fournissent des efforts colossaux, ils pensent avoir compris, mais sont dans l’erreur et on les croit peu motivés alors qu’ils se démènent pour bien faire...

Au même titre que les enfants dyslexiques, dyscalculiques, dysorthographiques, dyspraxiques ou atteints du syndrome dysexécutif, les enfants dysphasiques méritent une aide de leurs proches et du corps enseignant pour s’épanouir pleinement.

Zoom sur ce trouble et les aménagements qui peuvent faire toute la différence.


Qu'est-ce que la dysphasie ?

La dysphasie est trouble du développement du langage oral. Elle se traduit par une incapacité à communiquer et à transmettre des informations automatiquement d’un côté, et par des grandes difficultés à recevoir et à comprendre les informations qu’on lui transmet d’un autre.

La dysphasie a d’importantes répercussions sur la vie de l’enfant touché :

  • Sur le plan social, les difficultés d’expression et de compréhension détériorent sa relation avec autrui, car complique le dialogue et induisent souvent des comportements inadaptés ;

  • Sur le plan scolaire, les problèmes au niveau de l’expression et de la compréhension vont rendre difficile l’apprentissage des leçons et la compréhension des consignes et des explications.


La prise en charge d'un enfant dysphasique associe fortement la participation de l'enseignant.

Celui-ci, au cours même de sa classe, peut ainsi aider l'enfant à comprendre le message oral en accentuant ses intonations et l'articulation, en associant le geste à la parole...; il peut aussi l'aider par exemple par la simplification des énoncés, la reformulation, ou encore l'utilisation de codages selon les tâches. Il peut également faciliter sa participation en classe - par exemple en lui donnant le temps nécessaire pour s'exprimer, ou en lui permettant de le faire à voix basse avant de le faire devant toute la classe-. il peut travailler sur les moyens de l'aider, les supports visuels qui pourraient être adaptés (pictogrammes, gestes Borel, etc)...

Quand faire attention ?

Des difficultés de socialisation sont parfois observées : l'élève dysphasique, peu intelligible, peut susciter les moqueries de ses camarades ; par ailleurs ses difficultés de compréhension peuvent l'amener à s'isoler. En classe, l'élève dysphasique a parfois tendance à agir (faire, se déplacer) plutôt qu'à « prendre la parole »...ce qui peut faire croire à un trouble de l'adaptation scolaire. Comme dans toutes les difficultés d'apprentissage, il est important de valoriser les efforts et les progrès de l'enfant. Ses domaines de compétences doivent être développés, et tout le travail ne doit pas être axé sur les points faibles.

Quelques idées d’aménagements possibles en classe


Offrir un environnement accueillant :

  • Expliquer à la classe les bienfaits et la nécessité de ces nouvelles dispositions.

  • Placer l’élève à côté d’un camarade calme, loin des fenêtres et des portes où règne le bruit et à une place où il peut voir constamment le professeur.

  • Limiter le nombre d’objets sur les bureaux.

  • Accepter la plus grande fatigabilité de cet élève.

  • S’assurer, le plus souvent possible, qu’il a compris les consignes, car son manque de concentration est directement lié à son incompréhension.

Faciliter la communication :

  • Préférer un langage qui emploie des mots simples, parler lentement et bien articuler.

  • Donner une seule consigne à la fois.

  • Encourager l’enfant à s’exprimer avec des gestes et des images.

  • Accepter les erreurs d’expression si le message est correct.

  • Ne permettre l’intervention que d’un seul élève à la fois en classe.

Ouvrir les portes de la lecture :

  • Encourager l’apprentissage précoce de la lecture avec le soutien de méthode gestuelle (Borel-Maisonny par exemple).

  • Développer la conscience phonologique.

  • Combiner au maximum l’oral, l’écrit et les pictogrammes.

L’accompagner dans l’accès à l’écriture :

  • Comme pour la lecture, l’écriture doit être abordée précocement.

  • Pour les travaux d’écriture, accepter les ratures et peu de production écriture, si la cohérence et le fond sont de qualité.

  • Proposer des réponses déjà préparées pour répondre plus facilement à certaines questions.

  • Utiliser les cartes heuristiques.

L’aider à s’organiser :

  • Donner des plannings qui présentent synthétiquement les activités à faire dans le temps.

  • Afficher un emploi du temps de chaque journée, essentiellement composée de pictogrammes et de dessins colorés.

  • S’assurer que l’enfant a bien acquis la notion de l’avant/après.

  • Respecter l’organisation spatiale de la classe pour éviter de perturber sa routine.

  • Réduire la quantité des devoirs demandés, car l’enfant est monopolisé par son suivi orthophonique et parfois psychologique. De plus il est beaucoup plus lent pour effectuer ses devoirs.

Rendre les mathématiques abordables :

  • S’appesantir davantage sur l’acquisition de la comptine numérique et remplacer certaines numérations par des formes plus régulières

  • Favoriser la présentation des différences par les constellations.

  • Présenter les unités, dizaines, centaines… avec des codes couleurs distincts.

  • Toujours vérifier que l’énoncé est compris en demandant à l’élève de dire ce qu’il a compris.

  • Scinder les étapes d’un problème en plusieurs étapes consécutives.

  • Proposer le plus possible d’utiliser et manipuler du matériel pour comprendre.

  • Changer régulièrement les univers des problèmes proposés.

Adapter les évaluations :

  • Donner du temps supplémentaire ou réduire la quantité du travail demandé.

  • Noter compétence par compétence au lieu de donner une note globale.

  • Éviter de regrouper plusieurs évaluations sur une courte période.

L’optimisation se poursuit à la maison !

Rester sur la même longueur d’onde.

Une règle d’or pour le quotidien des enfants dysphasiques, c’est de leur demander ce qu’ils ont compris plutôt que simplement demander s’ils ont bien compris. En effet, les personnes dysphasiques ne détectent pas leur incompréhension puisqu’elles ont forcément interprété quelque chose à leur façon.

Prendre ses distances avec les devoirs.

À l’heure des devoirs, certains parents ne peuvent pas suffisamment prendre de recul par rapport à l’échec scolaire de leur enfant. L’affect prend le dessus, la patience s’envole vite et la supervision des devoirs à la maison tourne au calvaire. Pourquoi ne pas demander à une tierce personne de les prendre en charge ?

Restaurer la confiance en soi.

Autre règle importante pour que ces enfants s’épanouissent harmonieusement : soigner leur confiance en eux et leur estime d’eux-mêmes. Comment faire ? En valorisant leur succès, peu importe le domaine, la vie ne se résume pas à des résultats scolaires. C’est une condition essentielle pour en faire des enfants heureux.

  • Ne pas demander à l’élève s’il a compris, mais plutôt de vous expliquer ce qu’il a compris. Les personnes dysphasiques ne peuvent pas identifier leurs incompréhensions car ils croient avoir compris, mais ils l’ont compris à leur manière.

  • Lui laisser plus de temps, donner des choix multiples, permettre la calculatrice.

  • Lui faire travailler le texte à l’oral et ensuite utiliser un plan détaillé.

  • Fournir autant que possible des supports visuels qui accompagnent les explications ou les consignes. Permettre à l’élève, au besoin, de consulter des aide-mémoire et des lexiques pour aider à assimiler le nouveau vocabulaire dans chaque matière scolaire.

  • S’assurer d’avoir l’attention et le contact visuel de l’élève avant de commencer les explications.

  • Présenter les informations de façon plus séquentielle et faire en sorte que chaque étape soit présentée de manière explicite.

  • Éviter que l’élève soit dans une situation où deux tâches sont exigées simultanément. L’élève a souvent besoin d’aide avec la prise de notes, car écrire, écouter et lire pendant les explications s’avère être une tâche très complexe.

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