Accompagner des élèves avec des troubles de l'attention

Dernière mise à jour : 4 avr. 2021


Les troubles de l’attention se distinguent d’un trouble de la motivation.

Ils s’expriment quelque soit le degré de motivation de l’enfant et son affinité avec la matière et se répercutent dans tous les apprentissages. Ils rendent les apprentissages plus coûteux en temps (lenteur) et en énergie (fatigue). L’enfant ne fait aucunement exprès, cela n’est pas en lien avec un défaut éducatif, il est victime de son trouble.

Ne jamais oublier que l’enfant n’est pas responsable de son syndrôme

Puisqu’il s’agit d’un syndrome neurologique, l’enfant souffre autant que ses parents de ne pas pouvoir répondre a leurs attentes. Pas plus qu’il ne nous viendrait à l’idée de condamner une personne qui a une crise d’épilepsie, on ne peut blâmer un enfant pour son TDA/H.



Qu'est ce que c'est ?

Les troubles de l’attention sont prédominants dans les pathologies neurologiques, ils sont fréquemment associés à d’autres troubles d’apprentissage (dyslexie, dyspraxie, dysphasie), et peuvent parfois être observés dans le cadre de difficultés psycho-affectives (dépression, troubles anxieux), ou de pathologies psychiatriques (autisme). Le diagnostic de trouble attentionnel est fait par une équipe pluridisciplinaire spécialisée (neuropsychologue, neuro-pédiatre, pédopsychiatre), qui devra déterminer l’origine (la cause) des troubles.

Le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité TDAH est comme son nom l’indique composé de 3 symptômes :

  • l’inattention,

  • l’impulsivité,

  • l’hyperactivité.

C'est un trouble neurodéveloppemental, qui répond à un diagnostic médical. Il se caractérise par l’expression de symptômes cité ci dessus.

Les symptômes du TDAH sont susceptibles de fluctuer dans le temps et de varier en intensité, en fonction du profil de l’enfant, mais aussi en fonction de l’environnement dans lequel il évolue.


On écrit souvent TDA-H pour marquer que le trouble peut être avec ou sans hyperactivité.


Le TDA-H peut constituer un véritable handicap, notamment sur le plan de la scolarité.


Le site tous à l’école précise que Le TDA-H se développe chez un enfant intelligent, sans qu’une maladie neurologique ou psychiatrique ne l’explique exclusivement.

Ce trouble figure également dans la définition de la DSM 5 parmi les troubles dits neurodéveloppementaux.


Il semble aussi que de plus en plus on classe les troubles TDAH parmi les troubles « dys ». C’est notamment le cas de la FFDys (Fédération Française des Dys) : « On regroupe sous “troubles Dys” les troubles cognitifs spécifiques et les troubles des apprentissages qu’ils induisent (et parmi eux) les troubles spécifiques du développement des processus attentionnels et/ou des fonctions exécutives, communément appelés troubles d’attention avec ou sans hyperactivité « .

Parmi les troubles de la conduite et du comportement, on distingue :

  • le trouble déficit de l’attention / hyperactivité (TDAH)

  • les troubles de l’humeur

  • les troubles réactionnels

  • les troubles psychotiques ou de la personnalité

Les manifestions des troubles de la conduite et du comportement :

  • difficulté d’adaptation aux changements

  • forte excitation, hyperactivité

  • agressivité, actes de violence et de destruction

  • refus des règles et de toute forme de frustration

  • rejet de la faute et de l’échec

  • hypersensibilité

  • passivité, retrait voire mutisme

  • angoisse disproportionnée

Difficulté à maintenir son attention de manière constante et soutenue dans le temps. L’enfant est lent dans l’exécution de la tâche et ne parvient pas à finir seul les activités engagées. Les performances se détériorent rapidement en fonction du temps au cours d’une même tâche (dégradation du graphisme ou augmentation du nombre d’erreur par exemple). Les oublis sont très fréquents (matériel, consignes, devoirs, règles d’accord). Le démarrage d’une activité est très lent, voire impossible seul.

Difficulté très marquée à répartir simultanément leur attention sur deux tâches L’enfant a du mal à faire deux choses en même temps (par exemple : écrire et écouter, suivre et intervenir de façon adaptée dans une conversation). L’enfant est facilement découragé par une tâche complexe à réaliser (« Je ne sais pas faire, je n’y arriverai pas »).

Difficulté à filtrer les informations non pertinentes pour la tâche en cours L’enfant est très facilement distrait. Les stimulations environnementales (bruits, conversations, lumière, images, mouvements) parasitent la réalisation de la tâche. Lorsqu’il est confronté à une situation élaborée (film, texte, leçon, conversation, carte de géographie), l’enfant aura tendance à percevoir une collection d’éléments indépendants les uns des autres, plutôt qu’une seule information globale. L’enfant parvient difficilement à planifier les différentes étapes de son action ou de sa réflexion. L’enfant présente des difficultés d’organisation matérielle (cartable, présentation des cahiers). L’enfant est impulsif, se précipite pour effectuer une tâche ou répondre à une question (ne lève pas le doigt pour parler, répond avant la fin de la question). L’enfant ne peut pas s’empêcher de saisir et d’utiliser des objets placés à sa portée (touche à tout). L’enfant a du mal à rester en place.


Quelques pistes pour accompagner l’élève

  • Adopter un mode de communication ferme et précis en privilégiant les phrases courtes, les gestes et sans élever la voix.

  • Lui laisser le temps de répondre ou de réagir, sans formuler d'autres requêtes mais éventuellement en redonnant la consigne.

  • L'encourager à demander de l'aide s'il ne comprend pas.

  • L'accompagner pour planifier sa démarche puis lui apprendre petit à petit à travailler seul de manière autonome (apprentissage sur du long terme)

  • Veiller à ne pas isoler l’élève dans le fond de la classe, ni le placer près d’une source de distraction (fenêtre, porte d’entrée).

  • Apprendre à l’élève à respecter l’adulte de la classe – enseignant et accompagnateur – et à prendre conscience des limites.

  • Tolérer l'agitation : possibilité de mettre en place des codes de conduite qui lui soient propres. Ceux-ci seront expliqués au groupe classe. Ils peuvent être établis avec l'élève et éventuellement en collectif (nombre de déplacements autorisés dans la classe ou pour aller aux toilettes...).

  • Instaurer une relation de confiance en aidant l’élève à mieux gérer ses émotions et la frustration.

  • Valoriser l’élève en mettant l’accent sur les progrès, les réussites, en informer la famille en sa présence.

  • Responsabiliser l’élève et le solliciter pour assister l’adulte ou un camarade.

  • Le féliciter et l’encourager autant que possible de façon brève et variée.

  • Ne pas être trop permissif avec l’élève, sanctionner avec justesse.

  • Il est très important que la famille, et notamment les parents soient accompagnés afin d’apprendre à mieux comprendre le TDA ou TDAH. Cela leur permet ensuite de soutenir au mieux leur enfant :

« Il faut notamment réussir à expliquer aux parents que l’enfant ne fait pas exprès. C’est important d’accompagner ces parents pour leur donner des astuces dans la vie de tous les jours. Par exemple, leur expliquer qu’il faut favoriser un système de récompense plutôt que de punition. Cet accompagnement permet aussi de changer le regard des parents sur leur enfant. De ne plus voir les choses qu’il faisait comme une provocation. Le diagnostic soulage en cela les parents. »



Ne pas oublier que l'élève est VICTIME de ses troubles.

Il a besoin d'aide, d'un cadre rassurant, de repères stables

et de conditions favorisantes. Les apprentissages sont coûteux en temps et en énergie :

certaines exigences pédagogiques peuvent donc être reconsidérés. Il vaut mieux en faire un peu moins et bien, que beaucoup et mal... ». Les adaptations proposées constituent des aides idéales pour un enfant présentant un trouble attentionnel. Chaque enseignant tentera de les appliquer, en tout ou partie, dans la mesure du possible.

Si vous vous sentez démuni ou dans l'incapacité de mettre en oeuvre certaines démarches, n'hésitez pas à vous faire aider, des institutions sont là pour ça.




A voir : devenir enseignant spécialisé



Sources:

http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page281.htm

http://www.anpeip.org/images/stories/REGIONS/FD/Dys/A_TDAH_Revol_Enseignants_2014.pdf

https://www.tdahecole.fr

https://fr.wikiversity.org/wiki/Mallette_pedagogique_Troubles_du_comportement?utm_source=SE-unsa&utm_medium=Landing

https://www.plongezennostroubles.com

http://www.tousalecole.fr/content/trouble-déficit-de-lattention-avec-ou-sans-hyperactivité-tdah

https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Handicap/85/6/Formation_TCC_222856.pdf


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